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we the living

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La commère du village
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MessageSujet: we the living Sam 9 Juin - 2:14

Il fait jamais l'fier quand la nuit voile tout à l'horizon. Quand les cris des enfants se font chuchotements et les soupirs des adolescentes sous les platanes se veulent discrets et à l'abri de papa. M'enfin, il fait pas souvent l'fier, Pablo. Plus réservé qu'on ne pourrait le croire, l'garçon. Mais la nuit lui vole sa promise : la compagne passionnée qu'il rencontre dans ses songes. Alors, il déambule. Automate, la promenade nourrit son inspiration : comme lui, ses personnages aux visages démesurés vivent dans le noir. Rien n'est pareil la nuit et Pablo re-découvre le camping où il vient juste d'arriver. Pas de trajet précis dans ses envies, juste une lumière électronique qui l'attire comme un nid à lucioles. La nuit des âmes magnétiques. Il veut être plus près de ce phare de lilliputien; il sait même pas pourquoi. Tu vas t'abîmer les yeux, qu'il dit à la fille dont le visage est bouffé par les ténèbres. C'est sûr que si tu dors pas, c'est d'la faute de ton ordinateur. La lumière bleue, toute cette merde. Il s'pose à ses côtés comme si elle l'avait invité. Ptêt qu'elle le fuira. T'écris quoi ?
@Gabrielle

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Marmotte Maussade
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MessageSujet: Re: we the living Sam 9 Juin - 3:06



Nuit douce, nuit noir, cerveau en ébullition qui explose dans la voie lactée. Insomnie habituelle, énergie mystérieuse tirée de cette drôle d'imagination enfantine, comme si la terre entière avait levé les bras pour que tu restes éveillée jusqu'au petit matin. Les personnages qui se bousculent, quémandant ton attention, désirant chacun un moment de gloire irréel, personnages qui serraient bientôt incarnés par des comédiens imbus d'eux même, à peine capable de comprendre la profondeur des sentiments que tu tentais vainement de transmettre. Ce n'était pas juste "Il est triste", "Il est amoureux", "Il est heureux". C'était le résultat d'un millier de facteurs, de centaines de détails, la façon dont il s'est levé le matin, la manière dont elle l'a regardé à cet instant précis, les mots qu'il a employé à ce moment en parlant de cette personne en particulier. Ce n'était pas qu'une émotion à la fois, mais tout un mélange, un ensemble d'étoiles brillant toutes différemment qui ont formé cette galaxie propre au personnage. Silence reposant, ton tourne disque te manquait. Tu l'avais appelé James, t'écoutais Sex-Machine en boucle jusqu'à ce que l'inspiration te revienne. Tout ce que t'avais avec toi, c'était cette espèce d'antiquité, le lecteur de disque avec des écouteurs emmêlés, CD de Indochine qui traînait au fond de ton cabas. Jambes en tailleurs sur le banc à pique-nique, ordi posé sur la table, lumière qui éclaire à peine ton visage, une voix déchire la mélodie du 3e sexe. Regard de chien de garde, froncement de sourcil, tes yeux ne quittent pas le curseur qui clignote sur la page à peine noirci de caractères noirs. "Ca t'regarde ?". Aboiement féroce, le contact humain est toujours difficile. Tu quittes l'écran un instant pour dresser le portrait du sans-gênes. Silence momentané, ton personnage déclame quelques mots doux à sa promise. "Je travaille.". T'as essayé, Gab, t'as essayé. Faire fuir les gens, c'était pas forcément la solution. Puis, tu venais à peine d'arriver, l'été était à peine entamé, c'était pas le moment de faire ton nain grognon.


@Pablo


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La commère du village
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MessageSujet: Re: we the living Sam 9 Juin - 14:22

La fille fluorescente l'électrise de son regard trou noir : y'a une timidité muette et violente tapie dans le coin de ses yeux étroits, comme s'ils ne voulaient rien révéler à ceux qui osaient s'en approcher de trop près. On dirait qu'elle a traversé l'espace temps avec la bagnole cabossée de Marty McFly : gamine des seventies avec un macbook entre les mains. Pablo ne sait pas trop c'qu'elle lui inspire. Habituellement, ses premières impressions étaient les bonnes, mais là, il sait juste pas. Cela lui donne encore plus envie de squatter ce bout de nuit avec elle, sous les lumières de sa machine et des constellations encore timides. Ici, le ciel est dénué de poison et ça lui donne limite envie de pleurer d'émotion. La nature lui fait souvent cet effet. C'est une louve qui finit par lui répondre; son feulement presque cannibale est comme une lame à moitié cassée. Nan, probablement pas. Mais si tu veux, jm'en vais. C'est vrai que c'est pas très poli, c'que je fais. Il rigole alors qu'elle le dévisage de manière superficielle, comme si elle souhaitait se remémorer son visage tel qu'un gosse attardé l'aurait gribouillé. Mais bon, toi aussi tu m'as pas l'air très polie. Donnant-donnant. Comme si c'était elle qu'était venue l'importuner. Quel connard, ce Pablo. Ah ouais, tu travailles ? C'est quel genre de boulot qui t'fait bosser à 3h du matin ? Elle est grognonne, certes, mais de manière attendrissante, un peu comme l'anti-héroïne d'un film d'épouvante qui finit par prendre la dernière balle pour sauver ses potes. En tous cas, elle en a certainement plus dans la caboche que lui et ça, il adore.
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Marmotte Maussade
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MessageSujet: Re: we the living Sam 9 Juin - 15:44



Tes profs à l'école de cinéma t'avaient toujours trouvé imaginative, pleine de ressources, avec cet aspect sauvage, tu lâchais rien, tu t'battais jusqu'au bout, ça se ressentait dans la tournure de tes personnages, ça se ressentait dans tes intrigues, dans les ambiances que tu posais, dans les références que tu glissais. Et pourtant, car il y avait toujours un mais dans la perfection, ils t'avaient tous reproché la même chose : Ton manque de contact. Combien de fois tu avais perdu un contrat à cause de ton sale caractère ? Combien de fois tu t'étais battu avec des réalisateurs qui n'avaient pas la même vision que toi de l'univers ? Combien de fois t'avais mis en rogne des comédiens trop fragiles avec tes remarques incessantes ? La réponse était tout la même. Trop souvent. Si au moins ça ne concernait que ton boulot. Tous ces mecs, ces meufs que t'avais humilié par mégarde, délaissé pour le travail, des potes que t'avais perdu, personne voulait te rappeler parce que de toutes façons tu répondais jamais. Tes yeux bridés se posent de nouveau sur l'intrus, pluie de regards furtifs, tu bug un moment quand il répond à ton insolence. Les gens ne te faisaient pas face. Les gens partaient. Mais lui faisait le koala, et sur le coup, ça t'arrache un rire étouffé. Tu t'reprend, tu t'racles la gorge, tu tapes deux, trois caresses sur le papier virtuel. "Le genre de boulot qui te colle à la peau.". T'avais pas de vie, Gab. T'avais que tes personnages, que des danses imaginaires qui servaient de modèles à des bouts de chairs. Parfois, t'as cette idée folle, cette envie de réaliser les choses que t'écris toi-même, de faire de ta vie un film, de passer de l'irréel au réel. Mais au fond, t'as trop peur que ce soit un putain de navet.


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La commère du village
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MessageSujet: Re: we the living Sam 9 Juin - 20:14

Cela le surprend presque quand un rire timide brise les chaînes de l'austérité qui semble dominer allègrement chez la jeune femme. Une telle misanthropie chez une campeuse, c'en est presque à mourir de rire. Peut-être qu'on l'a forcée, ou qu'on lui a fait un sale coup. Sans doute qu'on lui a dit qu'il y aurait moins de gosses à côté de la piscine, moins d'odeur pestilentielles aux sanitaires, moins de tentes à demi-effondrées aux couleurs fanées. L'écrivaine solitaire ne semble guère loquace, pour quelqu'un qui martèle des mots dans le noir. Peut-être qu'elle est plus habituée à les effleurer du bout des doigts qu'à les prononcer. Pablo aime se raconter des histoires sur les gens; c'est un peu chelou comme habitude, il l'admet. Mais c'est pas très grave : quelque soit la grandeur des fantasmes qu'il invoque à la vue des silhouette croisées au détour d'un boulevard, ceux-ci s'avèrent toujours bien au dessus de la réalité. Il est habitué. Peut-être qu'elle ne communique que par claviers interposés, ce drôle d'oiseau. La vache, pour quelqu'un qui vient au camping, t'es pas bavarde. Peut-être qu'il faut qu'on discute par sms ? Ouais, il s'fout un peu de sa gueule, mais si elle voulait qu'il se casse, elle lui dirait, non ? Il gigote sur le banc rongé par les termites. T'as l'air passionnée. Qu'est-ce que tu fais exactement ? Elle s'ouvrirait probablement s'il parlait de lui. Autre possibilité, elle s'en branle. Moi, j'suis infirmier. Ça m'colle à la peau aussi, mais pas d'la même manière.
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Marmotte Maussade
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MessageSujet: Re: we the living Sam 9 Juin - 23:31



Les questions s'enchaînent, la lumière te brûle les yeux, ton cerveau veut faire une pause. Tu pourrais lui dire de s'en aller, lui demander de te foutre la paix mais en vrai, t'en as pas envie. T'avais beau rejeter les gens, secrètement, t'aimais bien leur compagnie. Ça avait pas l'air d'être un méchant garçon, il essayait juste de sociabiliser. Toi, t'arrivais pas à aller vers les gens, comme ça. T'arrivais pas à faire autre chose que grogner. Il était tard, le soir bidouillait ton cerveau, t'avais pas la force d'envoyer bouler un beau mec, il s'met à parler d'lui. Tu l'regardes, curieuse, comme si tu venais de découvrir une nouvelle espèce, tu l'analyses, t'essaies de le comparer à un personnage que t'aurais déjà créer, pour te repérer. Il se fout de ta gueule, un peu, là, non ? Ta lèvre supérieur se arque un peu, t'es agacée. "Un fils de pute m'a fait croire qu'on partait pour un tournage. Résultat, je me retrouve dans ce camping de merde, tout ça parce qu'il a jugé bon de me faire prendre des vacances.". On la sent encore, ta rancune. T'as raison, Gab, c'est teeeellement dramatique de prendre un congé, surtout quand on te fait la surprise. Mais t'étais comme ça aussi, fallait pas contrôler ta vie, ça foutait le bordel dans tes plans imaginaires. Soupire qui s'échappe des lèvres pulpeuses, main molle qui se fond dans ta chevelure désordonnée. "J'écris des scenar' de téléfilms. Une histoire d'amour. Même si je préfère les histoires policières ou même d'horreurs. Les comédiens ne savent pas faire semblant d'être amoureux, ça gâche toute la profondeur de l'histoire.". Les plaintes, c'était ta langue maternelle. T'avais beau reprocher aux acteurs de ne pas faire leurs boulots, ils étaient bien plus doués en interaction sociale que toi. C'était quand la dernière fois que t'avais dit "Je t'aime" à quelqu'un ? Exactement, Jamais. T'avais probablement ressenti des trucs dans ta vie qui pouvaient s'apparenter à de l'amour, mais sans plus. Le mac finit par se fermer sous la pression de tes doigts fins. T'étais fatiguée d'écrire des mots d'amour que t'avais jamais dit à personne. Ce serait suffisant pour ce soir. "Genre, ça te colle comme le vomis du gosse qui a mangé trop de bonbons sur tes chaussures ? En effet, ça n'a rien à voir, je confirme.". Dans ta tête, ça sonnait plus drôle, moins agressif. Mais dans ta bouche, ça a l'air un peu méchant. C'était peut être à cause de ta tête de mafioso chinoise, à savoir.


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La commère du village
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MessageSujet: Re: we the living Dim 10 Juin - 23:28

Pablo se sent bien, sous l'immensité maternelle des ciels aux relents d'infinité et d'universalité. Comme si malgré le vide incompréhensible qui planait bien plus haut qu'il ne pourrait jamais le concevoir, y'avait quelque chose de bienveillant en tous points qui souhaitait l'étreindre pour mieux l'apaiser, adoucir les bruits dans sa tête et combler ce gouffre qui aspirait tout lorsqu'il n'arrivait plus à fermer les yeux. Quoi de plus con, comme impression. Comme si quelqu'un en avait quelque chose à foutre de lui, là-haut. N'empêche que la nuit était belle, traînant dans sa danse étoilée des vapeurs de pétrole et de marées agitées. Pendant que Pablo contemple l'obscurité, son interlocutrice finit par sortir - vaut mieux tard que jamais - de sa torpeur volontaire. Est-ce qu'elle rend les armes parce qu'elle est polie, parce qu'elle se sent seule, parce qu'elle est fatiguée ? Il ne sait pas, mais c'qu'il sait, c'est qu'elle le dévisage comme un puzzle incompréhensible. Bizarre, cette meuf. On dirait qu'elle en voit pas souvent des gens; ou alors, qu'elle prend pas l'temps de les voir.

Alors comme ça, on l'a traînée ici par traîtrise; elle s'entendrait bien avec sa sœur, la grognonne. Hmm. Vraiment pas sympa d'sa part de vouloir que tu te détendes, c'est sûr. T'as vraiment pas l'air d'en avoir besoin. rétorque t-il d'un ton à la fois mielleux et vibrant d'ironie. Y'a des ces gens, sérieux... On s'occupe d'eux et aucune reconnaissance. Ah, tout s'explique. C'est une créatrice, une maniaque de son art, qui n'accepte pas les temps morts ni la contemplation. Elle a de la chance, de vivre de ses histoires. Ah ouais ? J'adore les histoires d'amour. Et celles qui font peur, aussi. Un sourire niais creuse son visage hâlé. T'en connais des biens ? Peut-être qu'elle saura l'emporter avec des jolis mots, elle. Elle doit avoir l'art et la manière d'insuffler de faux sentiments comme un joue un air de musique.

Elle finit par fermer son ordinateur sèchement, comme si elle se battait avec la machine. Puis elle se fiche de lui, Pablo ça l'fait rire, il est habitué à c'qu'on se foute de lui, parce qu'infirmier c'est un métier de gonzesse et pour d'autres raisons qu'il comprend pas tout le temps. Non, pas vraiment. Je m'occupe pas beaucoup des gosses. Les parents rechignent à les mettre en psy. Mais y'en a quelques uns, ouais. Et ils vomissent. Je suppose qu'on te vomit pas souvent dessus, toi.  ajoute t-il d'un air amusé. Elle paraît un peu perfide, mais sans le vouloir, un peu comme lui, peut-être. Mais lui, ça passe toujours mieux. Peut-être parce que c'est un mec ? Peut-être parce qu'il a l'air d'un clown. Sans doute.  
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Marmotte Maussade
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MessageSujet: Re: we the living Lun 11 Juin - 19:22



La nuit avait toujours eut cette espèce d'aura apaisante. Une espèce de souffle qui traversait tes poumons pour calmer ta respiration, pour réguler ton rythme cardiaque, un silence qui déchirait tes colères inutiles. T'avais toujours aimé le vide sonore, le vide tout court, le genre de fille à rester suspendue à la rambarde avec l'équilibre qui flanche, sans jamais avoir peur de tomber sans pouvoir te relever. Quand tu parlais, c'était toujours à toi-même, y'avait jamais personne pour te répondre, tu cherchais pas à discuter avec les autres de toutes façons. Y'avait que tes amis imaginaires qui comptaient, ces personnages que tu créais avec ton esprit déluré, ces créations qui devenaient tienne dès qu'ils ouvraient les yeux pixelisés, mouvements dictés par le bout de tes doigts sur le clavier. Ils ne disent que ce que tu veux entendre, c'est jamais nouveau dans tes oreilles, t'as déjà entendu les mots dans ta tête une dizaine de fois avant qu'ils ne sortent. Mais avec les humains, les personnes réels, c'était pas pareil. Tu contrôlais rien, ça partait tout seul, que ce soit eux, toi, vous. Ce garçon sans nom, ce sans-gêne qui répond à tes jurons par du sarcasme, il te faisait sourire. Ca t'arrivait pas souvent, de t'amuser (quand t'étais sobre, en tous cas). C'était pas la conversation la plus mémorable du monde, mais tu pouvais pas dire que c'était pas drôle. Tu gardes tes rictus pour toi, tu t'assoies en tailleur sur ton banc. "Tu serais surpris de savoir combien de personnes me vomissent dessus en l'espace d'une semaine." Entre les acteurs novices qui vidaient leurs stress sur tes chaussures et les mecs chiants complètement bourrés qui pensaient te draguer en offrant une nouvelle gueule à ton chemisier, y'avait des moments où tu te demandais sérieusement si t'attirais pas les gens fragiles de l'estomac. Même si tu restes un peu détachée, un peu éloignée avec cette espèce de distance de sécurité, t'as arrêté de froncer les sourcils. Parler de ton job, parler de ta passion, ça te mettait tout de suite bien. "Tu veux jouer à un jeu ?". C'est bizarre, t'as des souvenirs de la fac qui te reviennent en tête. Soirée sympathique, l'alcool dans ton sang t'avait souvent aidé à te détendre. Mordus de cinéma, ils trouvaient souvent des occupations adaptées à leurs envies. "Je vais te raconter une histoire d'amour tiré d'un film connu, tu dois deviner lequel. Ok ?". Tes pieds sautent sur le banc, tu t'retrouves debout sur le bout de bois, à réfléchir un moment. Un truc pas trop dur, un truc simple, pour le mettre dans le bain, pour détendre l'ambiance, pour te détendre toi. "J'étais de bonne famille, j'avais un bel avenir devant moi. De l'argent, un statut, un fiancé. Et pourtant, tu es venu, avec tes crayons, ton sourire espiègle, tes yeux clairs, t'es devenu le roi de mon Monde avant que mon coeur ne chavire comme le navire où nous nous sommes rencontrés.". Mots que tu choisies pour mettre l'inconnu sur la voix, tu voies dans ton esprit les cheveux ondulés, les étoiles dans la voiturette, l'iceberg meurtrier. C'était pas ton film préféré, mais fallait avouer que tu pleurais à chaque fois que tu le regardais, ce film. Titanic.




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La commère du village
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MessageSujet: Re: we the living Lun 11 Juin - 23:31

Il baille, Pablito. Pas parce qu'il s'ennuie, loin de là. Même si elle s'était refusée à lui répondre, l'observation de la jeune femme aurait largement largement à le distraire; il lui en fallait peu. Y'a quelque chose de fané, dans sa manière de se tenir, un peu rabougrie et minuscule dans la nuit, dans ses cheveux électriques, dans ses yeux cernés de veines écarlates qui palpitent sous le regard placide. Y'a pas de vie sur son visage; ou alors elle se cache, aspirée par les mots qu'elle hurlait silencieusement quelques minutes plus tôt. Puis un rictus glisse sur ses lippes comme si une enfant malicieuse jouait avec, les tripotant de ses petits doigts gras. L'image l'amuse. Derrière ses allures farouches, y'a une fille comme les autres. Il cligne des yeux, coups de poings entre ses cils de femme. Ouais, il est juste fatigué. Après tout, il a conduit depuis Dunkerque sous un ciel endeuillé; ça en fait, une trotte, pour un aventurier du dimanche.

Elle a l'air un peu acariâtre, la belle, un peu amère, comme un fruit qui n'a pas passé assez de temps sous l'soleil. La belle, oui, il ne connaît pas son nom et elle est ravissante, peinte par les étoiles, alors, pourquoi mentir ? Et même si elle parle de vomi, son visage s'est détendu, comme illuminé de l'intérieur. C'est émouvant à voir, presque intime. Même pas envie de deviner, il réplique, parce qu'il s'en doute, si ça se trouve elle évolue dans le show biz, elle voit de la coke toute la journée, ptêt même qu'elle s'en délecte quand l'inspiration se barre. Mais il en a pas l'impression, non. Elle a l'air plutôt droite dans ses bottes, elle. Bien sûr, qu'il a envie de jouer à un jeu.  Vas-y, j'suis incollable. Vaut mieux pas dire ça à une meuf dont c'est le métier, mais il s'en fout Pablo, il lisait même nous deux chez sa mamie parce que les mots dégoulinants le faisaient vibrer. Facile, Titanic. Ah, qu'elle était belle Rose... tu penses vraiment que ça marche, de dessiner les filles à poil ? Parce que ça fait plutôt creepy, surtout au premier rendez-vous. Enfin, j'sais pas, j'ai jamais essayé. C'est vrai qu'il aurait pu, avec son coup de crayon hyperactif. Mais Pablo aime la caricature et dessiner des morts vivants, alors pas sûr que ça ait flatté les yeux énamourés de l'objet de ses attentions.


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Marmotte Maussade
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MessageSujet: Re: we the living Jeu 14 Juin - 0:08



Moue satisfaite, paupières tombantes, tu t'assoies sur la table pour croiser tes jambes. Tu l'as sous-estimé, t'as eut tord mais c'était facile, t'aurais été déçu s'il avait pas trouvé. Main molle dans ta chevelure d'ébène, t'improvises un chignon pour que la brise du soirée vienne caresser ta nuque. Haussement d'épaules devant les réflexions de l'inconnu. "J'imagine que certaines femmes aiment qu'on qualifie leurs corps d’œuvres d'art. Le genre de nanas qui s'masturbent devant leurs reflets, t'voies.". Toi, t'aurais sûrement rit au nez de Jack, mais fallait dire que t'étais pas Rose, ou qui que ce soit. T'étais Gab, c'était déjà assez fatiguant comme ça. Vu que Monsieur ne relance pas le jeu, tu te gênes pas pour enchaîner. Après tout, c'était ton élément, ta passion, et y'avait tellement plus à dire que raconter ta vie amoureuse à toi. "Euh .. Ok, ok, j'en ai un, attends.". Tu t'relèves, t'as le regard qui s'perd dans la voie lactée un instant puis tu baisses les yeux sur ce gars. "La première fois que je l'ai vu, je l'ai pris pour un résident de la maison comme les autres. Les années sont passées, ses rides disparaissaient, et mon amour n'a cessé de grandir. On s'est aimé, on s'est aimé si fort. Pourtant, quand notre fille est née, il a prit peur. Peur que je ne sois obligé d'élever deux enfants à la fois. Ce n'est qu'à la fin de sa vie que nous nous sommes finalement retrouvés, il est mort dans mes bras alors qu'il n'était qu'un bébé.". Une de tes romances préférés, tu devais l'avouer. Histoire touchante, un voyage dans le temps, pointe de fantastique, amour déchirant, persistant. C'était l’Étrange Histoire de Benjamin Button. Tu le regardes avec un petit sourire dissimulé. C'était pas le film le plus difficile à deviner, non plus. Mais chaque chose en son temps, on ne commençait pas toujours pas le dernier niveau, il fallait monter, petit à petit.



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MessageSujet: Re: we the living Dim 17 Juin - 17:16

Si on lui demandait, même en toute innocence, pourquoi les délires oniriques et romantiques des autres étranglaient son coeur fleuri jusqu’à ce qu’il en pleure de nostalgie, il ne saurait pas quoi répondre. Devait-il cette émotion fulgurante à un soupçon de voyeurisme mêlé à de la jalousie ? Probablement. Mais les amours des autres, Pablo s’en pâmait. Quand aux siennes, il en faisait le deuil. A chaque fois, elles étaient douloureuses, comme une plaie qui ne s’arrête pas de saigner. Peut-être qu’il en attend trop, c’est ce qu’il se dit alors que la brune arrange ses cheveux en chignon qui laisse découvrir sa nuque. Elle a l’air d’un colosse au cœur d’argile. C'est un air ennuyé qui plane dans ses gestes, sur son visage, qui coule de ses lèvres. Il se demande si c'est juste la conversation qui l'emmerde, ou si c'est la vie en elle-même qui l'abrutit autant. Dans les deux cas, c'est triste. Il réfléchit à c'qu'elle vient de lui dire. Ouais, il en avait connu des filles comme ça. Elles n'étaient pas bien marrantes. Mon ex était de ce genre. Elle s'aimait beaucoup, elle s'aimait sans doute beaucoup plus qu'elle ne m'aimait moi. Dans un sens, c'était pas plus mal. Au moins, elle avait confiance en elle. Pablo gigote sur le banc. Il n'est pas à l'aise, il a envie d'aller marcher. Il entend le bruit du ressac au loin, qui se love dans l'intimité de ses tympans, qui l'appelle avec fourberie. La plage est sans doute plus belle ici qu'à Dunkerque. Moins austère et grise. C'est comme ça que Pablo se l'imagine, mais il n'a guère eu le temps de temps de l'admirer.

Il réfléchit un peu plus pour deviner le second film. C'pas forcément le plus évident, mais ça reste une jolie histoire, malgré tout. Là où la mort séparait habituellement les amoureux, c'était ici une (re)naissance qui brisait tout. Plus que la romance, Pablo aimait aussi le tragique. Il aimait regarder ses films avec un thé et une boîte de mouchoirs qu'il salirait avec ses larmes d'indécrottable émotif. Benjamin Button. C'était un peu chaud, là. J'avoue que j'ai tendance à regarder plus de navets qu'autre chose. Rien de mieux qu'un bon amour, gloire et beauté en rentrant de ses services de nuit. Bon allez, jte laisse te reposer. A mon tour. Il se gratte le menton, l'air pensif. Il voulait lui faire deviner Brokeback Mountain, mais n'était pas aussi doué avec les mots qu'elle ne semblait l'être. Deux cow-boys blonds en plein milieu des moutons, l'Amérique conservatrice des années 60, des secrets et des femmes suspicieuses. Je suis...   Il croise les mains derrière sa tête. Faut vraiment qu'il se coupe les cheveux. Surtout qu'ici, il ne peut pas faire ses bains d'huile, histoire de les garder bien brillants. Au final, tu m'as l'air d'être une sacrée romantique. Il voyait bien ses yeux étinceler et ses mains s'agiter. On peut pas toujours faire semblant, après tout.
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Marmotte Maussade
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MessageSujet: Re: we the living Mer 8 Aoû - 21:19



Le gars parle de son ex, t'as les polaroids qui s'éparpillent sur le sol de tes souvenirs. Tes exs à toi, ils étaient du genre à te demander pendant l'acte si tu prenais ton pied, la voix brisée par l'effort qui s'emmêle avec le son désagréable des ressors rouillés. 'C'est bon, Gab ? T'aimes ça, Gab ? T'es tellement belle, Gab..'. Beaucoup de gonflettes, beaucoup de blabla, pas assez d'actions, pas assez de plaisirs. Mais les relations, c'était pas que le sexe, ce qui rendait les choses compliquer quand t'en avais ras le cul de les entendre parler. 'Qu'est-ce que je suis pour toi, Gab ?', 'Et si on habitait ensemble, Gab ?', 'Je suis amoureux de toi, Gab..'. Parfois, t'aimerais juste vivre dans un film en noir et blanc pour n'écouter que la musique entraînante d'un piano fou.

Devant la description du film, une liste infinie se dresse dans ta tête, tu fais le tri, supprimes les films trop vieux, trop 'indépendants', tu te concentres sur les mots du garçon, 'moutons', 'conservatrice', 'secret'. "Le Secret de Brokeback Mountain ? Vu qu'on était sur une lancée romantique, j'me dis que ça doit être ça. Précisez que la région est conservatrice dans un western, c'est comme avertir le public qu'il y aura du sang dans un Tarantino, haha.". Tu ris pas aux éclats, mais t'as l'air de te faire marrer toute seule. T'as pas besoin des autres pour te fendre la poire, fallait dire.

Tu pinces les lèvres quand il te traite de romantique. Une grimace déforme tes traits, t'as les sourcils qui se froncent comme s'il avait insulté ta daronne. T'as la face qui se fige avant de finalement lâcher un espèce de ricanement offusqué. "Je suis pas une romantique. Je suis loin d'en être une, même. Mais j'écris des scenar' de romances, à défaut d'avoir un coeur de pierre, autant avoir une culture spéciale rom-com, et tout ce qui va avec.". La carapace se referme presque instantanément. Les romances, ça plaisait au public et ça payait ton loyer, rien de plus. Tes doigts se glissent sous la table, se baladent dans les airs avant d'agripper la lanière de ton sac. Précieux pc avalé par la bouche en tissu de ton sac débraillé, tu l'accroches à ton dos en toisant presque le kéké du regard. Un silence avant que tu dises, le regard déjà au milieu des vagues. "On continue en marchant ? Marre de me faire piquer par les moustiques à la con.". Oh, Gabrielle, petit ange à la langue rouge, quand cesseras-tu de te fermer aux constations des autres ? Peut être jamais. Le fait est que, tu le veuilles ou non, ce jeu semble t'amuser bien plus que tu ne l'aurais cru. Normal, c'est toi qui l'a proposé.

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